GUÉRIR

A la fontaine de feu

Qui dort dans mes mains ouvertes

Écoutant les feuilles mortes

Transpercer sa chair brûlante

L’oiseau boit la flamme verte Seul témoin de mon espoir

Il jure par le soleil Par la cendre de mes yeux

Par le puits de mes mains blanches

Que je suis sauvée du bruit. Gourmandise d’un silence

Où ma bouche et mon oreille Cueillent un audible fruit Mûri dans la solitude. Gardez-moi de la chanson

Qui tourne au coin de la rue Et de la fille éraillée Qui veut m’appeler sa sœur. Gardez-moi d’un grand amour

Qui trancherait mon courage

Avec un couteau tranquille

Aile aiguisée sur l’azur. Un ami s’en est allé A cheval sur un navire

Au galop vers quel soleil Pas celui de ma fontaine

Trop gris pour lever une aube

A la taille de ses yeux.

Si j’étais morte en rêvant

Rien n’aurait changé de face.

J’avais bien voulu partir

J’ai bien voulu revenir

Revenir à la fontaine

Découvrir la paix prochaine

Où les larmes vont fleurir.

(L’Arbre a Feu : Poemes, Angele Vannier).1950

Lost


Clinging to shadows
Floating in space
Noise-less wonder
Endless race

Crossroads scratched
Bridges down
Storms are coming
no way around

Hide in shadows
Battered and cold
No one to love
No one to hold

No sun to shine
No stars to climb
No moon to glow
Vast Uncontrollable time

Lingered darkness
Molding air
Damp confinement
Life is unfair

Empty promises
Little hope
Heart is slipping
Down a tearful slope

Stumbling
Into vacant lots
Empty hollows
Untied knots

Bloody pool
Weapon in hand
Sharp pain
No last stand

Ending soon
Early sunset
Rise over shadows
No deep regrets.